05 avril 2015 ~ 0 Commentaire

Le souriceau désobéissant

Maman souris était attablée avec ses quatre souriceaux.

— Nous n’avons plus rien à manger, leur dit-elle. Il faut que j’aille aux commissions. Mais la ville est bien loin. Je ne reviendrai que demain. Ce soir, couchez-vous sagement et demain matin attendez mon retour tranquillement en lisant ces livres rangés sur l’étagère.

Maman souris enfila son manteau. Elle embrassa chacun de ses petits et avant sortir, leur donna un dernier conseil :

— Je vous interdis de manger du papier sur lequel quelqu’un a écrit. C’est dangereux pour la santé.

Les souriceaux promirent. Maman souris prit son cabas et s’en alla.

Il faisait déjà nuit, les souriceaux allèrent se coucher sagement.

Mais le lendemain, au lever, il n’y avait rien à manger.

— J’ai faim, dit Auguste, le dernier né.

— Il n’y a plus rien à manger, répondit sa sœur.

— Patiente, lui dit son grand frère, maman renvient aujourd’hui.

L’autre frère ne dit rien. Il lisait « Le vilain petit canard ». Mais il regarda Gustave d’un air agacé en haussant les épaules.

Gustave prit la mouche et lui dit :

— On ne peut pas se nourrir de lecture ! Par contre, ton livre remplirait bien mon estomac…

Il se jeta sur son frère et lui arracha le livre des mains. Aussitôt il en dévora les premières pages.

Gustave aurait mieux fait d’écouter à sa maman, car ses frères et sa sœur ne tardèrent pas à la voir le souriceau se transformer. Au fil des pages, il lui poussait de méchantes plumes noires et un bec.

Avant la faim du livre, Gustave soupira d’aise.

— Je n’ai plus faim, dit-il.

Trop trad. Il était devenu le vilain petit canard du livre.

C’est alors que maman souris revint, les bras chargés de délicieuses provisions.

Imaginez sa surprise quand elle vit qu’il ne lui restait que trois petits, et qu’un vilain canard habitait sa maison.

Les souriceaux lui racontèrent ce qui était arrivé, et maman souris se mit très en colère. Puisqu’Auguste lui avait désobéi, elle le chassa sans plus attendre.

On vit longtemps Auguste errer seul dans les bois. Puis un soir on le retrouva mort de faim.Voilà ce qui arrive aux enfants désobéissants.

Au moins Auguste aurait-il dû dévorer le livre entier : il serait devenu un beau cygne blanc.

 

La fin est trop triste? Je vous en propose une autre:

Puisqu’Auguste lui avait désobéi, elle le chassa sans plus attendre.

Seul dans les bois, notre pauvre Auguste pleura longtemps. Et il avait toujours aussi faim. Il fouilla le fond de ses poches, à la recherche de quelques miettes oubliées.

— Mais il me reste la fin du livre !

Il le dévora à pleines dents.

Cette fois-ci, il devint un magnifique cygne blanc.

La princesse Henriette, qui se promenait dans le bois, vit le cygne et s’écria :

— Quel bel oiseau !

Et elle lui posa un baiser sur le bec. Aussitôt le souriceau se transforma en Prince Charmant.

Quelques jours après il épousa la princesse Henriette. Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants

 

Sur une idée de Pascal Perrat

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